En cuisine, il n’y a ni nationalité, ni religion

« Travailler en cuisine avec des instruments aiguisés ne signifie pas que l’on doive s’entre tuer », dit un des chefs de l’équipe multiethniques qui a mené Israël à la gloire.

Quatre chefs de l’équipe multiethnique israélienne appelée « Goût de la paix » ont reçu trois médailles d’or et un diplôme d’honneur lors de la compétition internationale Villeroy & Boch 2010 Culinary World Cup au Luxembourg, du 20 au 24 novembre dernier.

« L’idée est de montrer la paix à travers les plats que nous faisons», dit Sarkis Yacoubian, chef instructeur arménien de Jaffa qui a fondé « Goût de la paix » avec un arabe chrétien, Goric Johnny, chef exécutif à l’hôtel Intercontinental de Jéricho.

L’équipe compte parmi elle Charlie Fadida,  chef exécutif juif de l’hôtel Sheraton à Tel-Aviv, et son sous-chef, arabo-musulman Imad Shourbaji. Quatre étudiants en cuisine et un instructeur du restaurant à Notre-Dame de Jérusalem Center sont venus pour l’événement qui est considéré comme les Jeux olympiques de la cuisine.

« Nous avons montré au monde que « travailler en cuisine avec des instruments aiguisés ne signifie pas que l’on doive s’entre tuer « , dit Yacoubian à Israël 21C. Je suis fier et heureux d’avoir réussi à faire passer ce message.

Les quatre chefs (de gauche à droite), Imad Shourbaji, Sarkis Yacoubian, Charlie Fadida, et Johnny Goric.

Les hommes ont triomphé en dépit du fait qu’à leur arrivée, ils se soient aperçus que la cuisine qu’ils avaient réservée à l’avance n’existait pas.

Sur le point de rentrer chez eux, ils ont trouvé le chef du restaurant d’un l’hôtel qui leur a donné libre cours à sa cuisine, en dehors des heures de travail ainsi qu’à la buanderie de l’hôtel au sous-sol pour les travaux de préparation.

« Nous avons utilisé la cuisine du restaurant quand tout le monde dormait, parce que nous devions présenter nos aliments à cinq heures du matin», raconte Goric. « Nous avons eu deux heures pour présenter les plats avant l’ouverture de l’exposition au public de 11 heures du matin à 7 heures du soir. Ensuite, nous les avons repris après qu’aient été annoncés les gagnants. Nous avons fait la même chose pendant quatre jours. Cela a vraiment été difficile, mais la réussite n’est due qu’au long travail qu’une équipe doit fournir.  »

Goric, Shourbaji et Fadida ont remporté chacun une médaille d’or pour leurs plats froids et les tapas. « J’ai fait un plat de saumon avec cinq terrines de saumon dans des styles différents, et des tapas pour six personnes- deux froides et deux chaudes», rapporte Goric, un résident de 37 ans, de Jérusalem-Est.

Yacoubian, âgé de 51 ans et le plus ancien du quatuor, a reçu un diplôme d’honneur pour sa sculpture de chevaux sauvages en massepain en deux dimensions, recouverte d’un « manteau peint » de chocolat blanc et noir.

Une des entrées primée réalisée par l'équipe multiethnique israélienne.

« J’avais l’habitude d’enseigner aux handicapés et je leur ai appris que la cuisine ne réside pas seulement dans le fait d’ajouter d’épices ou de faire de la soupe. C’est aussi de  l’art, et vous devriez faire preuve de créativité », explique Yacoubian.

Grâce au restaurant qui leur a permis d’utiliser ses installations, le « Goût de la paix » a présenté un repas multiethnique aux panticipants après la compétition.

Toutes les dépenses de l’équipe ont été couvertes par un client personnel de Goric, l’Ambassadeur de Norvège près l’Autorité palestinienne. Au cours de sa carrière, Goric a préparé des plats pour le Roi Abdullah II de Jordanie, l’ancien président français Jacques Chirac, Shimon Peres, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.

«Espérons que ce ne soit que le début », dit Goric. « Nous voulons faire ensemble davantage de projets si nous obtenons plus de sponsors. » Pour être admissible à la Culinary World Cup, qui a lieu tous les quatre ans, le « Goût de la paix » a rejoint à la fois l’Association mondiale des Sociétés de Cuisiniers et l’Union des Chefs israéliens.

« Je pense que ces gars-là sont les meilleurs ambassadeurs pour la paix», dit Yacoubian de ses coéquipiers, qui sont tous des amis proches.

« Nous essayons d’aller de l’avant avec eux et espérons que nous pourrons faire plus d’activités ensemble pour montrer que dans la cuisine il n’y a ni  nationalité ni religion ;  nous ne sommes que seulement des humains qui peuvent parler les uns avec les autres pendant que nous cuisinons nos plats. »

Source : Israel 21c

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