La pierre de Jérusalem : le patrimoine de la Ville Sainte

Fierté architecturale de la Ville Sainte, obligatoire pour toutes les façades depuis l’époque du mandat britannique, la pierre de Jérusalem est la signature garante de l’unicité et de la préservation de la ville. Il ne s’agit pas seulement d’une préoccupation stylistique : l’histoire et l’archéologie de la ville sont étroitement liées à l’extraction et à l’usage de la pierre de Jérusalem.

Immuable symbole d’éternité, la pierre véhicule depuis des siècles l’identité de la ville de Jérusalem en lui donnant un caractère unique dans tout le pays. Comment ne pas évoquer les pierres des Murailles, témoins des soubresauts de l’histoire, ou encore les pierres du Mur Occidental, vivants vestiges d’une prière millénaire… Cette pierre de calcaire, pâle et lumineuse, est employée dans la construction de la ville depuis les temps les plus anciens.

De nombreuses carrières ont toujours existés à Jérusalem : bien avant le mandat britannique, la pierre était utilisée comme la pierre locale bon marché. L’étude des strates géologiques a révélé que la pierre se formait naturellement dans cette région depuis l’époque du Cénomanien (il ya a environ 95 millions d’années). La ville de Jérusalem est née de ses propres pierres, blocs travaillés par ses habitants comme en témoigne les restes de nombreuses carrières de pierres près du Yemin Moshe, dans la vallée de la Géhenne ou encore là ou se trouve l’actuelle gare de bus de Jérusalem-Est et le « Garden Tomb » à l’extérieur de la porte de Damas.

Cette pierre aux multiples reflets de couleurs allant du doré au rosé en passant pour la couleur sable ou blanc-crème, possède des caractéristiques exemplaires : elle se présente en minces couches de calcaire, faciles à extraire et à travailler.

En outre, elle durcit au contact de l’atmosphère devenant très résistante. Belle et durable, lumineuse comme de l’or au coucher du soleil, la pierre de Jérusalem est devenue un élément de construction des plus prisé, employée depuis l’Antiquité pour les bâtiments nobles ou publics comme en témoigne les restes du Palais d’Hérode à la porte de Jaffa, les murailles de Soliman le Magnifique ou plus tard l’hôtel King David. Aujourd’hui, toutes les façades des maisons de la ville doivent en être recouvertes – y compris les toilettes publiques et les stations services -, conformément à une loi propre à la Municipalité de Jérusalem. L’ordonnance remonte à 1920, à l’époque du mandat britannique et du gouvernement de Sir Ronald Strorrs. Elle a été mise en vigueur avec le plan d’aménagement de Sir William Mac Lean, ingénieur de la ville.

Interviewé par le quotidien Haaretz le 15 octobre 2010, le géologue à la retraite Ithamar Euphrate est spécialisé dans les matériaux de construction de l’Israël Ancien, particulièrement les différents types de pierres. La ville de Jérusalem, selon lui, est « enracinée dans des milliers d’années d’exploitation des carrières de pierres, pratique qui remonte aux premiers habitants de la cité ». La pierre est le patrimoine de Jérusalem, un patrimoine à protéger et à préserver.

Ithamar en explique la réglementation : « Généralement, l’exploitation des carrières de pierres est un processus mécanisé qui a lieu dans le désert pour lequel une autorisation est nécessaire. Vous pouvez obtenir une autorisation d’exploiter à condition de présenter un plan d’aménagement du territoire ». La pierre est protégée mais selon Ithamar, il s’agit en fait « d’une substance commune constituée de calcaire ou de roche sédimentaire carbonatée appelée dolomie, formée à partir les dépôts marins que l’on trouve naturellement dans cette région qui était sous la mer il ya a quelques 90 millions d’années ». Si pendant le mandat britannique les qualités esthétiques de la pierre de Jérusalem ont été appréciées, l’idée d’en faire l’élément de construction indispensable de la ville existait déjà.

Ithamar rappelle comment les premiers Jérusalémites de l’histoire construisaient leurs maisons de cette même pierre qu’ils exploitaient à l’intérieur de la ville employant le trou principal de la carrière comme une citerne pour recueillir l’eau de pluie. La pierre a aussi contribué à la richesse de la ville puisque les habitants n’ont pas eu besoin de transporter ou d’exporter des matériaux de construction. « C’est une chance pour une ville que d’exploiter des carrières dans ses propres jardins » souligne Ithamar.

Aujourd’hui, la pierre de Jérusalem est employée également dans le monde entier comme symbole de l’identité du peuple juif. Elle a été utilisée dans la construction de différents centres de la communauté juive, à San José au Costa Rica par exemple, ou encore pour des écoles Juives ou de nombreuses synagogues aux Etats-Unis. Le Mémorial de l’Holocauste à Miami est aussi tout entier construit en pierres de Jérusalem. Dans un autre style, une église pentecôtiste de Sao Paulo au Brésil a commandé 8 millions de pierres de Jérusalem pour construire la réplique du Temple de Salomon ! Le syndrome de la pierre de Jérusalem est né…

L’architecture de Jérusalem depuis 1948 (en anglais)
L’architecture de la nouvelle ville datant de ma période du mandat britannique
L’Architecture pendant la période ottomane tardive

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Une réponse à “La pierre de Jérusalem : le patrimoine de la Ville Sainte

  1. Ces pierres sont superbes et royales , elles sont la « vitrine » de Jérusalem, ville de lumière et de splendeur. Merci pour cet article .

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